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CHEMIN DE FER
Le Cameroun s’arrime aux standards internationaux

Le plan directeur ferroviaire national est connu. Il s’agit de la vision du gouvernement camerounais pour le développement du rail à l’horizon 2040.

Avec l’avènement de ses projets structurants, notamment d’exploitation minière (fer au Sud et bauxite dans l’Adamaoua), le Cameroun veut étendre son réseau ferroviaire qui est actuellement de 1 000 Km et  vieux de 100 ans. Ce projet ferroviaire comprend une programmation à court, moyen et long terme. Censé être opérationnel à partir de 2013/2014, il ambitionne, à court terme (2025), le doublement de la voie ferrée existante entre les métropoles économique et politique, Douala et Yaoundé.

Standards internationaux et dimension sous régionale

Le futur réseau devra ainsi couvrir toutes les régions du pays à moyen terme, et donnera lieu à des tronçons tels que Ngaoundal-Kribi en passant par Bertoua, Obala, Yaoundé et Mbalmayo ; Mbalam-Kribi et Mbalam-Limbé en passant par Mbalmayo, Edéa, Douala. Et aussi à plusieurs autres tronçons tels que Ngaoundal-Kousseri. Sans oublier des interconnexions vers les pays voisins que sont le Gabon, le Congo, le Nigeria, le Tchad, et la République centrafricaine, de manière à capter le trafic sous régional. Cette extension est appelée, plus tard, à relier le pays à l’Angola et à la République démocratique du Congo, et devrait également aboutir à la construction de lignes de tramway à Douala et Yaoundé.

Les ouvrages annoncés, apprend-on, devront respecter les nouveaux standards internationaux. Selon les concepteurs du projet, «ces caractéristiques faciliteront l’acquisition des équipements mobiles (locomotives, wagons) et un système de signalisation adapté au réseau de fibre optique (télésignalisation). Ce qui laisse espérer sur ce linéaire une vitesse comprise entre 150 et170 et km/heure sur les trains voyageurs et entre 70 et 90 Km/h sur les trains de marchandises».

Développer une industrie lourde, créer richesses et emplois

«L’objectif est de bâtir, à moindre coût, un réseau de transport intégré, performant quadrillant tout l’espace national, résolument ouvert sur les pays voisins, avec un tracé et des itinéraires orientés vers les zones de trafic de voyageurs et de développement industriel», a expliqué le ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, Louis Paul Motaze, qui a rendu public le projet.

La mise en œuvre de ce projet devrait déboucher sur une diversité des retombées socioéconomiques. En effet, on en attend la création d’industries associées notamment dans les domaines de l’acier, du Ciment, de la production des agrégats. Car, d’après Louis Paul Motaze, il ne serait pas admissible que le Cameroun soit obligé d’importer tous les matériels et matériaux nécessaires à la construction de ces ouvrages. Tout ceci devant contribuer au développement d’une industrie lourde et pérenne.

Selon le ministère en charge de la Planification, le projet va générer, à court terme, 348 300 emplois et, à moyen terme, 256 000 emplois soit plus de 600 000 emplois directs et indirects. De même, l’analyse de l’impact de ce projet sur notre économie démontre « un accroissement constant du produit intérieur brut à partir de 2015 de l’ordre de 4,75% par an jusqu’en 2040 ».

Partenariat public-privé

Au plan du financement, actuellement estimé à 424 milliards FCFA, le gouvernement camerounais envisage l’emprunt obligataire ou encore le partenariat public-privé sur le modèle BOT - Built-Operate-Transfert (construction, exploitation et transfert).

Il faut dire que cette vision moderne du chemin de fer camerounais a été possible grâce à la mise en place d’un comité interministériel élargi aux acteurs économiques à l’instar de Sitrafer et du concessionnaire actuel, Camrail.

La conception même du schéma ferroviaire a été effectuée avec un groupe coréen sélectionné par appel d’offres international, assisté d’experts Camerounais.

Ben Paguy

Sources : Cameroon tribune ; www.minepat.gov.cm

Last Updated on Wednesday, 10 August 2011 18:09